L’invitée de Regafodil: Rosalie Muswamba.

Rosalie Muswamba est  née le 25 fevrier 1969 en République démocratique du Congo. Historienne, professeur de langues, elle est aussi rédactrice au sein de la revue internationale Regards Africains et membre fondatrice de l’universitée populaire Africaine en Suisse.

Invitée par le blog Regard Africain de Fodil Belhadj, elle interviendra via une chronique littéraire par des articles et autres écrits en rapport avec l’édition romanesque Africaine ainsi que des essais, biographies,et ouvrages.

Elle participera pour notre plus grand plaisir et celui de nos lecteurs à l’enrichissement du journal et à son évolution. Elle nous fait découvrir dans ce qui suit par l’entremise de sa plûme un écrivain Sénégalais incarnant par son aventure l’immense  tragédie vécue par des milliers de jeunes Africains. Lesquels, transis par l’énergie du désepoir n’hésitent plus à embarquer dans des radeaux de fortune pour rejoindre l’eldorado européen. Fodil Belhadj.

Omar Ba. Ed. Max Milo

Omar Ba. Ed. Max Milo

Omar BA, Je suis venu, j’ai vu, je n’y crois plus. Max Milo Editions, Paris, 2009. By Rosalie Muswamba.

Ce récit en partie autobiographique d’un immigré africain en France se veut d’abord le témoignage d’une désillusion face à l’ Eldorado européen en même temps qu’une leçon d’espoir face à l’avenir de l’Afrique et de ses populations.

L’immigration africaine en direction de l’ Europe et de l’Amérique du Nord occupe une place croissante dans le débat politique au sein des sociétés d’accueil  ou certains partis politiques – plus forcément classés à l’extrême droite- n’hésitent plus à faire de ce phénomène qui angoisse une partie de la population, un argument privilégié pour accéder au pouvoir.

 travers son parcours personel ainsi que celui d’autres migrants croisés sur son chemin, l’auteur analyse dans la première partie de son ouvrage, la construction et le maintien en Afrique du mythe d’un Occident riche ou la vie est facile. Les si nombreux candidats au départ qui souvent se débattent dans un quotidien difficile rêvent ainsi de pouvoir y’acquérir une formation, ou de trouver un travail leur permettant d’assister la famille restée sur place.

Aussi compréhensibles que lui paraissent les raisons invoquées par les candidats africains à l’émigration(légale ou clandestine), et sans vouloir faire de l’Occident une annexe de l’enfer, Omar BA souhaite désacraliser les conditions de vie en Occident, principalement pour les migrants. Dans cette partie du monde, il devient également plus difficile de trouver un travail dont on puisse vivre dignement, il devient plus difficile de se loger, de manger, de se soigner, etc. Il devient plus difficile, même pour les occidentaux eux-mêmes de s’extraire de la pauvreté. Â cette aune- lâ, le migrant fait souvent face aux mêmes blocages qu’ il avait espérélaisser derrière lui, le racisme et la précarité en plus.

Jumeau inversé du mythe de l’Occident paradisiaque, le mythe d’une Afrique infernale, irrémédiablement bloquée dans sa misère, sa violence et ses archaismes, est également à déconstruire. C’ est ce à quoi s’emploie Omar BA dans la seconde partie de son travail, avec l’espoir de contribuer à restaurer chez les Africains la foi dans leur continent. Â travers le récit d’expériences de retours réussies , il entend montrer qu’il est  possible de se bâtir un bel avenir en Afrique. Témoigner de ce genre de parcours permettra peut-être dans les prochaines années d’amorcer un mouvement de retour vers le pays natal ou le pays d’origine de ces migrants végétant en Europe ou en Amérique du Nord.

Ce livre, bien écrit et agréable à lire est un témoignage personnel avec ce que cela peut comporter de subjectivité. Il demeure intéressant par sa volonté de déconstruire les mythes entourant la vie en Afrique comme en Occident, sans occulter les difficultés mais aussi les opportunités auxquelles on risque de faire face. Même si les conditions matérielles diffèrent d’un continent à l’autre, il n’est pas inutile de rappeler que la question  » Pourquoi et comment dois-je vivre? » , se pose à tous à un moment donné.

Cet ouvrage écrit, édité et probablement lu en Occident risque cependant de rencontrer les mêmes difficultés que les travaux produits dans un environnement et un contexte similaire: manquer une large partie de son public-cible, à savoir, les candidats au départ en Afrique même. Ceux que l’auteur atteindra néanmoins seront probablement tentés de lui reprocher de tenir ce discours bien à l’abri en France. Et si Omar BA exprime dans ces pages le souhait de pouvoir rentrer, il ne sera cru que le jour ou il l’aura fait.

Rosalie Muswamba.

Une Réponse to “L’invitée de Regafodil: Rosalie Muswamba.”

  1. L’histoire cachée du peuple africain par Rosalie Muswamba » lAfrique, Africains, Christianisme, Kounkou, Noir, Dominique » liberté de conscience Says:

    […] 2009 : Omar BA, Je suis venu, j’ai vu, je n’y crois plus […]

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